Rémi Loubet à la conquête de l'Atlas marocain

06.10.2016

Des courses qui gagnent à être connues, il y en a à travers le monde et l'Ultra Trail Atlas Toubkal (UTAT) en fait sans doute partie !

Rémi Loubet a été séduit par les paysages et l'esprit de cette course lors de sa participation en 2014. Et c'est l'appel de cette si particulière immersion dans le Haut Atlas qui a sonné cette année pour son retour sur la 8e édition !

 

L'UTAT est une course organisée par Cyrille SISMONDINI résident au Maroc. La logistique (mûles, 4*4, navettes bus) et la restauration locale est assurée par l'agence Âme D'aventure.
Le principe est bien de faire vivre le trail au Maroc en soutenant les clubs locaux, et en développant le tourisme trail.

 

Cette course offre plusieurs formats :  l'ultra de 105km et 6500D+,  le marathon de l'Atlas (42km et 2600D+), la virée d'Ikkiss (26km et 1400D+) et le challenge de l'Atlas cumulant le classement du marathon et de la virée d'Ikkiss. 17 nations sont représentées avec dans l'ordre décroissant France, Maroc, Allemagne,...

Rémi Loubet s'est lancé dans le Challenge de l'Atlas avec ses 2 étapes à travers le Haut Atlas, il nous livre son récit de course : 

 

 "Samedi 1 Octobre 6h, le départ de l' Utat vient d'être donné, il fait 4 degrés, je cours à la faible lueur de ma frontale, j'avoue j'ai pris une loupiote légère et je compte surtout sur les phares de la concurrence pour éclairer cette piste 4x4.
Ça fait 5 jours que je suis en altitude autour d'Oukaimeden, il semblerait que l'acclimatation porte ces fruits sur cette première ascension, je caracole sur le devant de la course en compagnie de Moritz Auf Der Heide l'allemand.

J'ai choisi de partir simplement habillé des manchettes light en plus de la tenue Twyce courte. Ce choix s'avère payant puisque je prends de l'avance sur mes rivaux lorsqu'ils enlèvent leur veste au bout de 30'.

 Le jour se lève lorsque je bascule à 3000 au col du PC1 km10 après 50'. Comme il y a deux ans au même endroit, le levé de soleil sur l'Atlas est magnifique. Mais cette fois je suis devant et c'est grisant.
Le début de la descente sur la vallée de Timichi est très roulante, ça va très vite. Comme je l'anticipais 3 marocains me rattrapent une fois que nous rattrapons l'oued, ça devient très technique et ils prennent tous les risques, l'un d'eux (Abderahim Kemissa) chute violemment et repart bien abîmé sur le genou.

 Arrivé au CP3, j'espère refaire le plein d'eau .. Les trois marocains me voyant faire shuntent le ravitaillement et partent à fond dans la grande montée de. Que faire ? J'hésite mais finalement je me lance à la poursuite avec une demi bouteille de boisson. Je mise sur les deux ruisseaux que j'ai repéré 3 jours avant, pendant le balisage.

 Je rattrape très rapidement Jamal Ait Ifraden mais Mohamed El Morabity et son acolyte sont loin, bien 5' devant je les aperçois par moment. J'essaie de ne pas m'affoler et de bien m'alimenter en misant sur un éclat de leur part plutôt que d'essayer d'accélérer pour revenir sur eux, ils vont forcément payer une telle accélération.
Au bout d'une heure de montée, l'altitude semble jouer en ma faveur l'écart se réduit. La course est la course et je fais bien exprès de me faire remarquer histoire de leur mettre la pression.

 
La remontée au col à 3200m est toujours aussi fantastique de belles parois rouges nous entourent et la monotrace qui serpente dans les pierriers est de moins moins marquée. Il faut en permanence être concentré pour se diriger vers la prochaine marque bleue qui balise ce marathon. En passant le col, j'ai environ 2’ de retard, connaissant leur facilité à descendre sur les chemins techniques je ne pense pas être en mesure d’espérer les rattraper avant la dernière grosse montée. Le moral et la lucidité m’aidant je descends fort et les rattrapent finalement très rapidement. Je suis sur un petit nuage j'ai pris un gros ascendant psychologique et je me sens encore très frais. Maintenant la question est simplement de savoir quand est-ce que je vais à mon tour essayer d’accélérer.
Je laisse passer la descente et le dernier PC de Tachdirt en m’efforçant de me reposer. Ensuite, quitte à me griller pour le 26km du lendemain je décide de ne plus regarder les pulsations pour ces 10 derniers km, une victoire devant les marocains qui sont là uniquement pour courir le marathon serait tellement belle.
La dernière grosse montée est très cassante, il faut souvent mettre les mains et slalomer entre les gros blocs. Je sens mes rivaux en limite de rupture lorsque je relance en courant dès que la pente se radoucie. Alors j’accélère et creuse l'écart. En passant le dernier col, je savoure, il ne reste plus qu'à dérouler jusqu'à Oukaimeden, la station de ski marocaine. Un coup d’oeil sur le chrono me surprend, seulement 4h20 de course, alors je lâche tout pour tâcher d’inscrire un très joli temps. Ça fait mal, le cardio affiche 192 puls/min lorsque j’atteins les pâtures du village. Je coupe le ruban en 4h36, heureux comme un prince: c'est 25’ de moins qu'en 2014, je bats le record européen de Lionel Bonnel établit à la fin des années 2000, et je suis à seulement 3’ du record de Rachid El Morabity la star marocaine, quadruple vainqueur du marathon des sables et deuxième à l’OCC cette année.

 

 

Dimanche 2 Octobre, 9h. Départ de la Virée d’Ikkis 26km. Aujourd'hui il s'agit juste de conserver mes 1h05 d'avance au classement du challenge de l’Atlas (cumul du 42km et du 26km). C'est à dire ne pas tomber dans ces descentes très piégeuses et surtout prendre un maximum de plaisir à courir sans se mettre dans le rouge en profitant des paysages désertiques. Je retrouve Moritz pendant la première montée, nous ferons une grande partie de la virée ensemble. Nous observons Rachid El Morabity au loin qui part tenter de battre son propre record accompagné de ces lièvres et de ces rivaux marocains. L'aisance avec laquelle ils descendent les pierriers est impressionnante.

 

 

Je savoure au maximum, c'est la dernière course de la saison, je prends même le temps de boire un thé à la menthe au milieu de la dernière montée. Comme chaque année un grand nombre de locaux prennent un éclat au milieu de cette dernière bosse, nous les ramassons au fur et à mesure. Moritz semble très en jambes aujourd'hui, il part devant bien efficace sur ces bâtons qui mordent la belle terre rouge qui a rendu célèbre cette ultime difficulté du parcours 105km.
Le col est marqué par deux grands drapeaux marocains 2km avant l'arrivée finale à Oukaimeden. En y arrivant je suis surpris d’y trouver mes rivaux de la veille qui m’attendent pour  m'accompagner jusqu'à l'arrivée. L'émotion est à son comble lorsqu'ils me portent après la ligne d’arrivée.


Je termine 6ème scratch sur l’épreuve du jour, Rachid améliore son record de 10’, et je remporte le challenge avec une heure d’avance sur Moritz… il y a de l'ambiance sur la ligne d'arrivée. Pour ma part je ne pouvais pas vraiment espérer mieux pour conclure la saison de trail. La soirée est festive, l’ensemble des concurrents ainsi que les bénévoles se retrouvent pour refaire la course ou raconter leur périple en mule pour rejoindre les PC éloignés."

 

 

Bravo Rémi et merci !

Il ne nous dit pas s'il y retourne l'année prochaine, mais personnellement ça me donne des idées... ;-)

 

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